Les manufactures s'implantent à Paris et dans sa banlieue : Meaux, Saint-Maur, Corbeil, Antony sont les principales villes bénéficiaires de ce mouvement.
Le rôle de Paris sera renforcé au cours de la Révolution française.
Les élections aux Etats Généraux montrent clairement l'antagonisme politique entre Paris et sa banlieue. Cette dernière reste parfois en retrait face à une révolution, avant tout, parisienne. Le problème du découpage administratif se pose.
En 1790, le département de Paris se situe dans un rayon de 3 kilomètres autour de Notre-Dame, entouré par le département de la Seine ayant Versailles pour chef-lieu, et contigu à la Seine-et-Marne. Ce système subsistera pendant 175 ans.
L'Empire accentue la centralisation. Napoléon veut faire de Paris la capitale de l'Europe. Les fonctions de préfet de la Seine et de préfet de police sont instaurées.
Le développement industriel accroît à partir de 1830 le rôle économique de la capitale. Le chemin de fer et son tracé en toile d'araignée renforce le pouvoir d'attraction de Paris et de sa région. En 1848, Paris est relié à Orléans, à Rouen et à Lille. Le Paris de l'époque est marqué par l'oeuvre d'Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870. Paris grignote progressivement l'espace alentour. La grande industrie permet de donner à la banlieue les emplois qui vont favoriser sa croissance démographique.
Les efforts d'urbanisme privilégient Paris, dont le rayonnement national et international ne cesse de croître.
Les expositions de 1889 et 1900 mettent en vedette la Tour Eiffel ainsi que la naissance du métro.
Durant le premier conflit mondial, Paris et l'Ile-de-France sont au premier rang de la guerre (bataille de la Marne) et de la Paix (traités de Versailles, du Trianon, de Sèvres et de Saint Germain). Bien que meurtrie par la guerre, la région poursuit son industrialisation massive.
Pour accompagner l'explosion urbaine des années 1920-1930, un souci d'aménagement du territoire prend forme. Si la population parisienne stagne, la banlieue s'étend : les lotissements et les pavillons prolifèrent.
Pendant la seconde guerre mondiale, Paris abrite les manifestations de toutes sortes de mouvements politiques et paramilitaires. Sa libération symbolise celle de la France : "Paris martyrisé, mais Paris libéré" (Général de Gaulle).
La reconstruction fait éclore de nouvelles zones d'activités : Orly, Saclay, Poissy, Orsay.
Au cours des années d'après guerre et jusqu'en 1960, l'urbanisme régional est marqué par le développement des "grands ensembles" urbains, nécessaires pour loger rapidement la population, issue de l'exode rural ou rapatriée d'Afrique du Nord.
Photo : DREIF
La volonté politique d'aménagement du territoire (DIACT
) se renforce avec la réalisation du premier schéma directeur régional d'aménagement et d'urbanisme en 1965.
Ce schéma directeur, oeuvre de Paul Delouvrier, premier délégué général au district de la région parisienne, restera valide avec quelques adaptations, jusqu'au 29 avril 1994, date d'approbation de l'actuel schéma directeur régional d'Ile-de-France.
Compiègne, Mantes, Meaux, Rambouillet bénéficient de la délocalisation de certaines activités. Paris conserve cependant les sièges sociaux de nombreuses entreprises. Paris constitue un incomparable stimulant pour l'Ile-de-France. Cependant, la montée en puissance de son rôle national et international a parfois conduit à un certain étouffement de la banlieue. Une telle situation s'est rapidement avérée nuisible, non seulement à l'Ile-de-France, mais également à la ville de Paris elle-même.
Cette prise de conscience a abouti à la mise en place d'une politique volontariste du territoire qui s'efforce de promouvoir la symbiose entre Paris et sa région.


